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 Rencontre dans la cour [Pv Eddy]

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Manuela De Luca
"Arrogance et Vanité"

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Messages : 32
Date d'inscription : 23/04/2016

MessageSujet: Rencontre dans la cour [Pv Eddy]   Sam 7 Mai - 22:05

Je savais qu'étudier à la fac allait être compliqué, mais je n'avais jamais imaginé à quel point ça risquait d'être ennuyant. Si j'étais partie sur des études en Droit et en Langues étrangères, c'était principalement parce que je n'avais jamais pu supporter le moindre cours de sciences. Je ne savais pas non plus la production de quelle hormone ce domaine stimulait dans mon cerveau, mais ça devait être un puissant somnifère. Ce matin, nous avions eu, pour mon plus grand malheur, une conférence commune avec les étudiants en médecine sur la bio-éthique. La seule chose que je connaissais de ce sujet, c'était que les modifications génétiques d'embryons étaient interdites. Bah oui, faudrait pas faire de notre monde pourri un nouveau Bienvenue à Gattaca.
Honnêtement, je n'étais pas en mesure d'affirmer que  j'avais tenu plus de dix minutes de la conférence éveillée. Je n'étais pas fière, dans la mesure de mes résolutions à devenir une bonne élève. En plus, je m'étais endormie tête la première sur l'épaule de ma voisine. Sans grand mal heureusement, puisqu'elle m'avait réveillée en riant à la fin pour me dire qu'on en avait fini, qu'on était libérés de cette affreuse conférence. Un somnifère je vous dis. J'étais sortie souriante, déterminée pour aller patiner tout l'après-midi. Je devais rencontrer mon nouveau coach aujourd'hui, alors j'avais hâte! J'étais à peu près aussi excitée qu'une enfant normale le matin de Noël. J'avais personnellement toujours détesté cette fête, mais c'était pour donner une idée quoi.
Mais avant, une petite pause s'imposait. Finis les cours pour aujourd'hui, et j'avais le temps devant moi avant de devoir partir pour  la patinoire, alors j'allai souffler un peu et fumer une clope. C'était pas bien je sais, fumer ça pue ça tue, je connaissais le dicton, mais Diego n'était pas là pour me râler après, alors fallait bien que je fasse une connerie ou  deux. Une fois dehors, dans l'air doux de la fin de matinée, je partis marcher un peu en allumant ma clope. J'aimais bien le parc de la fac, il était grand, vert, avec des bancs par ci par là. C'était grand c'était l'un des seuls endroits de la fac où on pouvait se promener sans avoir trop de risque de croiser qui que ce soit. Je finis vite cependant, je n'avais qu'une veste et je me  gelais pas mal malgré l'arrivée du printemps. La nouvelle saison tardait bien trop à mon gout.
Une fois de retour dans la cour, je vis un flot d'élèves se diriger vers le réfectoire. Ce n'était pas con ça, d'aller manger, mais je n'avais pas le courage d'affronter cette foule de loups affamés. J'irais plus tard, ou j'irais au resto. Je décidais d'attendre cinq minutes histoire de voir. Alors que je  marchai rapidement vers les dortoirs histoire d'aller chercher quelque chose de plus chaud que ma veste, un détail retint mon attention: un mec (Eddy) tout petit tout frêle, assis seul sur un banc, qui attendait sans doute pour aller manger. Si mes souvenirs étaient bons, je l'avais vu avant de m'endormir dans l'amphi de la conférence. Comme il n'était pas en droit avec moi, j'en déduis qu'il devait être en médecine. Bon, encore, un petit perdu assis sur son banc, ça ne m'étonnait pas trop. Ce qui fit tiquer mon esprit, ce fut surtout deux gars qui fumaient une clope en discutant de manière plus qu'audible du pauvre garçon assis sur  le banc.
A les entendre, il était ridicule de par sa  carrure. Bon, fallait reconnaître l'évidence, ce n'était pas Schwarzenegger, mais le jeune homme avait l'air plutôt jeune et de toute façon, tout le monde ne pouvait pas mesurer deux mètres et avoir cent vingt kilos de muscles. Ehoh, ils allaient se calmer dessuite les bonobos, ce genre d'irrespect envers autrui m'énervait au plus au point! Si la vue de quelqu'un te déplaît, tourne la tête et passe ton chemin. Je leur serais bien rentrée dans le lard, mais je n'aurais eu aucune crédibilité, crevette que j'étais. Ils m'auraient envoyée balader en deux minutes et ma mission aurait été  un échec. Nan nan nan, on allait faire les choses autrement! Ça risquait de perturber le jeune homme sur son banc, mais j'avais du mal à laisser passer l'attitude des deux autres avec leur Q.I d'huître.
J'affichai un énorme sourire de bimbo débile, et me mis à trottiner vers le jeune homme d'une démarche enthousiaste en lui faisant un énorme geste bien visible de la main. "Amoreeeee!" M'exclamai-je comme si le voir avait été l'objectif de ma journée. Une fois à son niveau, je lui sautai dans les bras et l'embrassai comme si ma vie en dépendait. C'était plutôt atypique comme rencontre me direz-vous, mais je n'aimais pas la demi-mesure et n'y voyez rien de personnel, je voulais juste que les deux abrutis se la ferment. Mission réussie eheh, ils avaient l'air choqués comme jamais.
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Edward Hoff
"Mystères et Non-dits"

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MessageSujet: Re: Rencontre dans la cour [Pv Eddy]   Dim 8 Mai - 0:30





Rencontre dans la cour



"D’un point de vue théorique, le concept de nanosanté contribue à rendre compte des dynamiques de biomédicalisation et de molécularisation. Le néologisme biomédicalisation a été proposé par Clarke et al. afin de conceptualiser la transformation qualitative de la dynamique de médicalisation sous l’effet des innovations technoscientifiques. Il désigne une profonde mutation des modalités et des finalités de l’intervention biomédicale qui se définit moins par l’exercice d’un contrôle sur les corps désignés comme pathologiques que par l’application de pratiques de transformation technoscientifique de ces corps au niveau de leurs unités biologiques fondamentales. À ce titre, cette nouvelle forme de contrôle médical renvoie à un large mouvement de fond épistémologique que Nikolas Rose a appelé la « molécularisation ». Puisant ses racines dans la biologie moléculaire, ce nouveau « style de pensée » repose sur le déplacement simultané du regard scientifique vers l’échelle des mécanismes vitaux et de la finalité de la pratique médicale vers la transformation technique de ces mécanismes. Comme le remarque l’historienne des sciences Lily E. Kay, le style de pensée moléculaire se fonde sur une conception technologique de la vie (life as technology) ayant pour finalité pratique l’ingénierie du corps. Il faut ainsi voir dans la nanomédecine la forme médicale la plus aboutie de cette logique contemporaine de technoscientifisation du savoir et de la pratique biomédicale."

Voilà un petit moment maintenant que j'étais assis là sur ce même banc, le nez plongé dans ma lecture de ma revue Socio-Anthropologie numéro 29 "Ni malade, ni en bonne santé", en plein dans le chapitre "De la nanomédecine à la nanosanté  : vers un nouveau paradigme biomédical". Je ressortais tout juste d'une conférence vraiment passionnante sur la bio-éthique et j'avais à présent un peu de temps devant moi pour m'adonner à mes activités personnelles, en l'occurrence, lire un peu. C'était l'heure de manger mais la foule qui s'était agglutiné aux portes de la cafétéria m'avait dissuadé d'imiter cette même foule. Je n'étais pas pressé et pas particulièrement affamé alors je demeurais patient, le temps que tout se calme un peu. De toute façon, je trouvais ma lecture aussi passionnante que la conférence à laquelle je venais d'assister. Je ne sais pas si c'était l'avis de la majorité des élèves qui étaient présents étant donné qu'une partie n'était même pas en médecine avec nous.

Mais rester assis là dehors m'arracha un frisson car la brise était encore très fraîche malgré l'apparition du printemps. Disons que les beaux jours prenaient un peu leur temps, cependant, je ne pouvais pas me plaindre, on avait déjà connu pire. Cela ne faisait pas bien longtemps que j'étais dans cette université pourtant, mais je m'y sentais comme si j'y avais toujours vécu. Je faisais toujours mon possible pour m'adapter au mieux lorsque de nouvelles situations se présentaient, mais je devais reconnaître que malgré tout, je n'avais pas vraiment sympathiser avec les autres élèves de cet établissement. Ce n'était pas une nouveauté selon moi et je doute que cela change. Ca aussi, j'avais fini par m'y habituer, bien que j'aurais aimé qu'il en soit autrement. J'avais beau me dire que ce n'était pas de ma faute, que j'avais des circonstances atténuantes avec les débris de mon passé, pourtant, je devais tout de même me rendre à l'évidence, ce n'était pas en refusant de faire le premier pas que les choses allaient changer.

Je resserrais un peu plus le col de ma veste, me concentrant sur les mots qui défilaient rapidement devant mon regard, en essayant avant tout d'oublier les railleries que je percevais non loin de moi. Le fait qu'on se moque publiquement de moi n'était pas non plus un fait très rare et je l'ignorais toujours. Cela dit, ce n'était jamais très agréable pour autant. Je vivais ça depuis tout petit alors ce n'était pas maintenant que j'allais le prendre en compte. Du moment qu'il n'y avait aucune agression, je pense que je suis capable d'endurer ça encore longtemps. Ce n'était que des moqueries inoffensives provenant de cerveaux qui n'égaleraient jamais le mien. C'était ce que je pensais en ce moment même et pourtant je n'étais pas du tout du genre à me vanter de mes facultés. Je le faisais uniquement parce que...Eh bien parce que j'essayais de trouver une réponse au pourquoi de tant de mépris de la part des autres.

"Amoreeeee!"

Vous savez, en tant normal, je n'aurais pas fait attention à cette voix, pas plus que je faisais attention à celle des deux autres. Mais à vrai dire, un simple coup d'oeil pour voir d'où elle provenait avant que je me rende compte qu'elle m'était destiné. Je levais complètement mon regard de mon bouquin et aperçu une jeune fille qui courait à ma rencontre en me faisant un large signe de la main. Manuela De Luca. Oui je connaissais son nom. Elle était en droit et on avait eu la conférence ensemble tout à l'heure, et je reconnaissait son nom car elle était enregistrée dans les fichiers de ma mémoire comme bon nombre d'élèves auxquels j'avais pu apposer un nom et un visage ensemble. Ma mémoire absolue faisait que j'enregistrais tout même sans le vouloir. Décontenancé, je ne pu me faire plus de réflexion avant que la jeune fille ne se jette contre moi avant de m'embrasser fougueusement et à l'instar du missile se transformant en cachalot (ceux qui connaissent pas, revoyez vos classiques !), des questions stupides et existentielles défilèrent dans mon esprit comme seule réponse à cette...situation qui me dépassait ! J'en reviens à fouiller dans les dossiers de ma mémoire en espérant trouver une réponse adéquate à ce qui se produisait mais pour une fois, les classeurs étaient vides ! Je n'avais qu'une petite note dans un coin de tiroir qui suggérait qu'elle me confondait avec quelqu'un d'autre. Je la repoussais alors doucement. Je n'avais aucune intention de la brusquer non plus même si des deux, je crois que c'était moi le plus brusqué.

- Euh...J-Je...Tu...Je ne pense pas que je suis celui que tu crois, bégayais-je maladroitement en espérant pas trop la décevoir non plus.


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Manuela De Luca
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MessageSujet: Re: Rencontre dans la cour [Pv Eddy]   Dim 8 Mai - 19:03

Je profitai du fait qu'il me repoussait pour observer son visage, et éclatai de rire. C'était mémorable, j'allai me mettre à sauter sur tout le monde si tout le monde pouvait tirer cette tête. Je crois que je l'avais plus choqué que les deux autres abrutis, mais qu'est-ce que l'air traumatisé sur son visage pouvait me faire rire. Alors oui, ça pouvait paraître étrange comme manière de saluer un inconnu, mais pas besoin non plus de ressembler à un chaton perdu. J'essayai de calmer mon rire en l'écoutant bredouiller: "Euh...J-Je...Tu...Je ne pense pas que je suis celui que tu crois." Ouais, bon, se calmer on verrait plus tard. Je repartis dans une crise de fou rire incontrôlé. Ce garçon, aussi inconnu qu'il soit à mes yeux, était un monument. Traumatisé je vous dis. Dans quelles circonstances pouvait-on confondre quelqu'un de parfaitement lambda avec une personne qu'on aime? Même complétement bourré et défoncé, personne ne ferait ça. Ou alors, utiliserait cette excuse pour tromper son couple, mais faut le vouloir, et être un sale connard aussi.
Je m'assis normalement sur le banc à ses côtés en respirant profondément pour ne pas me remettre à rire. Quitte à ce qu'il soit traumatisé, autant faire ça à fond; je pris l'air le plus sérieux qu'il m'était possible d'adopter et haussai les épaules, puis me penchai vers lui pour chuchoter à son oreille: "En fait, je ne me trompe jamais, tu es bien celui que je crois." Je m'arrêtai de parler cinq secondes le moment de trouver l'histoire qui pouvait faire la plus psychopathe possible. " Ça faisait un moment que je voulais venir te parler, mais je n'en ai jamais eu l'occasion, et je n'osais pas. Je t'observe depuis ton arrivée ici. Tu m'obsèdes à dire vrai, alors je te suis dès que je peux." Je rigolai légèrement comme une poupée bien flippante dans un film d'horreur. J'aurais bien aimé lui dire que tous les murs de ma chambre étaient recouverts de photos de lui, mais je n'avais pas trouvé moyen à le glisser discrètement dans mes paroles. Pauvre jeune homme n'empêche! La Manu tarée était inspirée de Skins, par le personnage de Lucy, qui stalke Maxi 24h/24 et qui elle est suffisamment barrée pour recouvrir son mur de photos de l'amour de sa vie - qui est gay, soi dit en passant. Je dresserais un autel en son honneur ce soir, pour être un personnage si inspirant.
Mais bon, je n'allais pas rester sérieuse longtemps moi, parce que c'était juste hilarant comme situation. Enfin pour moi, parce qu'un jour que quelqu'un m'aborde comme ça, je me barre en courant et j'appelle l'hôpital psychiatrique le plus proche. Alors donc, jamais deux sans trois, je ne réussis à garder mon air de folle furieuse plus longtemps. La supercherie avait assez duré en plus de ça, et je ne voulais pas non plus que le jeune homme en face de moi fasse une crise cardiaque parce que je lui avais fait trop peur;  je me remis à rire comme une débile, mais au moins n'était-ce plus un rire qui faisait un peu trop peur à attendre quand on était seul chez soi. J'avais un peu tendance à rire pour rien, faudrait que j'apprenne à me contrôler un jour.
Un coup d’œil un peu plus loin me permis de constater que les deux abrutis qui se moquaient du jeune homme peu avant étaient maintenant partis. Quelque part, j'espérais que eux seuls avaient vraiment prêté attention à ça, sinon ça risquait de piailler sur les réseaux sociaux tout ça. Et puis le pauvre garçon, je voulais à la base qu'on arrête de parler sur lui, mais avec un peu de malchance, ça risquait d'être l'effet contraire. Barf, dans le pire des cas, personne ne devait le connaître, alors le grand public ne pourrait juste pas venir l'emmerder. Même moi j'ignorais son prénom. Et puis merde! J'avais encore le droit de rouler des pelles à qui j'avais envie, ce n'était pas le problème des autres. Parfois, j'aimerais bien être une toute petite sourie qui pourrait faire ce qu'elle voudrait sans qu'on ne lui tombe dessus derrière.
Brefouille, je dérivais un peu dans ma tête. Fallait que je rassure le garçon. Je m'éloignai un peu pour lui montrer que je n'allais pas encore lui sauter dessus, et m'expliquai: "Désolée pour ça en vrai... J'avais juste envie d'aller leur casser la tête, aux deux primates qui parlaient sur ton dos, mais vu qu'ils faisaient deux moi de haut et trois moi de large, il a fallu que je les fasse taire autrement." Je partais du principe qu'il les avait entendu, parce que le contraire n'était juste pas possible. "Vu qu'ils t'insultaient sur le physique, j'me suis dit que c'était la bonne solution." Oula, c'était un peu prétentieux comme sous-entendu ça, nan? Ça pouvait se comprendre comme quoi je me jugeais trop bonne. Ouais, mais c'était le cas quelque part. Je m'aime trop, personne ne peut rien y faire. Et puis lui n'était pas du tout moche non plus, juste un petit maigrichon quoi. Avec vingt kilos de muscles en plus, ce garçon serait une bombe atomique. Je lui tendis ma main pour me présenter un peu plus officiellement. "Je m'appelle Manu, enchantée!"
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Edward Hoff
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MessageSujet: Re: Rencontre dans la cour [Pv Eddy]   Dim 8 Mai - 20:14





Rencontre dans la cour



La jeune fille éclata d'un grand rire sonore. Une nouvelle hypothèse jaillit aussitôt dans mon esprit : elle se foutait de ma gueule. C'était bien la première fois qu'on m'humiliait avec ce genre de technique ! Je pinçais légèrement les lèvres, ne sachant plus trop où me mettre en fait. Il y avait des jours où j'avais une insatiable envie de posséder le merveilleux pouvoir d'invisibilité, ou de me pendre avec un élastique, au choix. D'un autre côté, je pouvais peut-être comprendre son hilarité. Ma tête devait être particulièrement mémorable et même moi, je ne pense pas avoir un jour tiré ce genre de visage, d'expression aussi choqué de ma vie. Alors oui, il y avait de quoi rire pour elle, mais moi, je demeurais silencieux, complètement abasourdi. En plus...Bah, c'était la première fois que j'embrassais une fille...Pas terrible pour un début hum...Voilà qui ne me motivera pas à recommencer si la situation se présentait !

Quand j'avais tenté de lui expliquer, ou plutôt de signaler qu'elle avait probablement fait une erreur, elle se mit à rire de plus belle. Se sentir aussi petit qu'une fourmi, oui, c'était possible, je le sentais en ce moment même. Je la regardais rire aux éclats avant de détourner mon regard comme si l'arbre à côté allait me venir en aide. Mais je pense que même l'arbre devait se foutre de moi à me voir ainsi aussi penaud et perdu comme si je venais de débarqué sur une planète alien.

Finalement, la jeune fille trouva l'effort de se calmer et s'assit à côté de moi sur le banc. Je ne jugeais pas ce choix judicieux pour ma personne. Qui sait encore de quoi elle était capable ? Quand il s'agissait de se moquer des autres, les gens savaient faire preuve d'une impressionnante et déconcertante imagination. Ce coup-ci, je ne l'avais jamais vu venir et je n'étais pas près de l'oublier, même si de toute manière, je n'oubliais jamais rien. Je tournais un regard incertain vers elle tandis qu'elle me murmura :

"En fait, je ne me trompe jamais, tu es bien celui que je crois."

A-Ah bon...? Pourtant je ne connaissais cette fille ni d'Adam, ni d'Eve et n'avais jamais eu de conversation avec elle jusqu'à maintenant, chose que j'aurais préféré éviter je crois.

" Ça faisait un moment que je voulais venir te parler, mais je n'en ai jamais eu l'occasion, et je n'osais pas. Je t'observe depuis ton arrivée ici. Tu m'obsèdes à dire vrai, alors je te suis dès que je peux."

Elle rit à nouveau. Quand à moi, je n'étais pas certain de la croire. Non, ce n'était pas possible ! Aucune fille n'avait de regard pour moi. J'étais un malingre pas drôle, tête d'ampoule bien trop chiant pour elles et je le savais. Elle ne me fera pas entrer dans son jeu !

- Euh...fis-je, indécis, je ne crois pas non. Si tu crois que je ne vois pas clair dans ton jeu, tu n'as vraiment rien de mieux à faire ?

Je n'avais pas dit cela sur un ton mauvais, à peine de reproche en fait s'entendait dans ma voix. J'étais juste un peu blasé mais j'avais du mal à exprimer la méchanceté envers les autres, même quand la faute leur revenait. J'avais toujours tendance à rester calme quoi qu'il arrive afin de ne pas envenimer la situation. La jeune fille riait toujours. Elle était étrange à vrai dire et avait mit le paquet pour moi sur ce coup, mais c'est alors qu'elle se leva et s'éloigna un peu de moi avant de me dire :

"Désolée pour ça en vrai... J'avais juste envie d'aller leur casser la tête, aux deux primates qui parlaient sur ton dos, mais vu qu'ils faisaient deux moi de haut et trois moi de large, il a fallu que je les fasse taire autrement."

- Quoi ? fis-je automatiquement en la fixant.

Puis, je détournais mon regard vers l'endroit où se tenaient jadis les deux autres qui avaient disparu. Elle était sérieuse là ?

"Vu qu'ils t'insultaient sur le physique, j'me suis dit que c'était la bonne solution."

- La...Bonne solution ? Tu crois ça ? répondis-je en haussant un sourcils.

Mais j'étais quand même soulagé. J'étais soulagé parce qu'elle n'était pas folle et soulagé parce qu'elle n'avait pas fait ça contre moi. Mais...Cela voulait dire qu'elle avait pris ma défense ? C'était bien une première !

"Je m'appelle Manu, enchantée!" fit-elle en me tendant la main.

Je me leva à mon tour pour la lui serrer tout en affichant un petit sourire :

- Oui, Manuela De Luca, je sais, enchantée moi c'est...Edward Hoff, tu es en droit c'est ça ? C'est vraiment gentil à toi d'être intervenu, même si...Même si c'est une technique assez...Non rien, laisse tomber. Juste pour dire que tu n'avais pas besoin de faire quoi que ce soit, j'ai l'habitude que l'on parle de moi comme ça...Euh ne le prend pas mal hein ! Ca m'a fait quand même plaisir que tu réagisses mais hum...

Je baissais légèrement le regard alors que ma timidité prenait le dessus et était prête à me faire passer pour le pire des idiots si ce n'était pas déjà fait. Je me passais une main dans mes cheveux pour effacer, ou du moins espérer effacer toute trace de gêne à l'égard de la jeune fille. Après un moment de silence embarrassant pour moi, je tentais de remplir ce vide avec quelques mots :

- Alors...ton nom...ça sonne italien, je me trompe ?






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